Test | Skate Story
21 janv. 2026

L'enfer est pavé de bonnes sensations

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Skate Story

Oubliez tout ce que vous savez des jeux de skate. Oubliez aussi tout ce que vous pensez savoir des enfers. Skate Story rebat les cartes du fond et de la forme et vous embarque dans une épopée à roulettes. Celle d'une âme en peine, si gourmande qu'elle se nourrit de lunes, parmi des démons qui errent près de bancs, modules et autres lavomatiques entre deux statues de pierre philosophes...

L'histoire

Dans un sombre coin des enfers, vous errez là où votre skate vous mène. Votre corps tout en verre rend fatales les chutes les plus brutales. Mais comme vous êtes déjà mort, vous ne mourrez pas vraiment. Votre ennui vous mène à la faim, et cette lune qui brille tant semble très appétissante. En quelques rides, vous la rejoignez et la gobez. Mais ça n'est pas vraiment pour plaire au Diable, qui vous punit en vous faisant réaliser quelques tâches et apprentissages. Une sorte de purgatoire, dans lequel vous apprenez à mieux rider, à maîtriser votre skate, tout en réalisant quelques missions au passage et en battant quelques boss à coup de tricks bien plaqués. Jusqu'à délivrer votre âme de cette peine ?
De l'enfer à la lune

Le principe

Les 7 péchés skapitaux.

Incassable, non. Inclassable ? Un peu. Skate Story oscille entre jeu de skate et aventure onirique. Il puise dans les genres pour ne se focaliser que sur le meilleur. Les figures de skate, par exemple, ne requièrent pas de combinaison de touches compliquée, seulement un bon timing avec une préparation bien trouvée : une petite boucle visuelle qui, activée au bon moment, permet de réaliser une figure bien plus réussie. Le skate est un outil, pour satisfaire ou détruire les démons qui interagissent avec vous. Mais aussi un véhicule, un moyen de se déplacer dans les zones de jeu qui alternent entre zone ouverte – où des micro-missions sont proposées – et zone à couloir – où votre dextérité au skate fait le gros du boulot.



L'apport narratif joue un rôle prédominant : vous rencontrez des démons qui vous guident dans les zones de jeu, vous donnant du contexte sur l'endroit exploré. De corvée de linge pour le Diable par exemple, vous explorez ce qui ressemble à un centre-ville avec ses immeubles, son musée, ses commerces, et son lavomatique. L'occasion d'effectuer votre tâche, avant de faire sécher ce linge diabolique... qui évidemment va s'envoler. À vous de le rattraper, par le skate ou par quelques actions qui rappellent les missions des Tony Hawk. Mais notez que ces missions ne sont pas clairement listées dans une to-do list – à vous de bien écouter les personnages – et qu'une fois une ouverte vous ne pouvez pas en accomplir une autre. Preuve, s'il en fallait, que Skate Story s'adresse à des joueurs attentifs, et que la narration n'est pas un prétexte.
Hell Rider

L'ambiance

Un boss à éclater à coup de tricks.

Vous l'aurez remarqué, notre héros se caractérise par de multiples facettes reflétant la lumière. Composé de verre cristallin, il a le défaut de se briser lorsqu'il rencontre le sol un peu trop vite. Mais rassurez-vous, une fois passé l'effet très réussi de caméra embarquée jetée au sol et immobilisée, vous reprenez tranquillement votre glisse quelques mètres plus tôt. Gare aux plantes piquantes, aux trottoirs affûtés et aux barrières d'esprits : les enfers sont un environnement plutôt urbain mais ça n'est pas un skate park non plus.



Comme souligné, la narration occupe une place prépondérante dans le titre. Les dialogues sont des vers, l'histoire n'a rien de binaire, il flotte dans ces enfers comme un air de poésie. Des têtes géantes sont plongées dans leurs pensées, des esprits perplexes s'interrogent sur leur condition... une surcouche de philosophie du temps, de la mort et des actes nappe le tout d'une ambiance qui peut laisser songeur.
Piège de cristal

Pour qui ?

Des sensations pures.

Il ne faut pas être à la recherche d'un titre exigeant en skate pour apprécier Skate Story : les tricks sont faisables sans difficulté et une certaine technicité permet de les enchaîner avec une grande satisfaction. La courbe d'apprentissage est très douce et jamais le manque de dextérité ne vous bloque réellement. Il n'empêche que vous trouvez des sensations de glisse très réussies, notamment lors de la grisante prise de vitesse. Les bruitages, les détails dans les dialogues, la musique qui alterne entre punk et jazzy : tout ce monde semble incongru mais tout s'intègre et se complète parfaitement, créant un titre unique, à sa propre signature. Skate Story n'est clairement pas un jeu de skate comme les autres et propose une approche toute fraîche, qui peut ouvrir la voie à un renouveau du genre.
Roulez jeunesse

L'anecdote

Ça grind sec.

Il m'a fallu mettre de côté 25 ans de mémoire musculaire de Tony Hawk et quelques traumas de Session pour plonger confortablement dans ma paire de Vans diaboliques. Et quel pied ! Skate Story m'a littéralement embarqué. En bon petit diable, j'ai titillé les personnages, joué avec les décors, grindé tout ce que je trouvais. Et la bonne nouvelle, c'est que l'esprit du jeu vous y incite ! J'ai découvert des zones couloir grisantes, qui viennent apporter un rythme bienvenu dans une narration qui pousse le verbe assez loin. Je ne sais pas comment ni pourquoi, mais Skate Story m'a envoûté par son côté inattendu, ni plombant ni trop facile. Et pour l'anecdote, voici une vidéo de démo du prototype en 2020 : quel chemin parcouru depuis !
Un bon petit diable
Les Plus
  • Un mélange qui détonne
  • La narration pleine de poésie
  • La direction artistique
  • La bande-son !
Les Moins
  • Soyez bien attentif aux objectifs
  • Certaines zones plus fun que d'autres
Résultat

Comme quoi, le genre du jeu de skate ne se limite pas à deux-trois licences mastodontes. Skate Story c'est une rencontre improbable, dans un univers visuel et musical ultra fort, une approche unique, onirique, sans pour autant délaisser les sensations : un titre d'exploration et de kiff. Un peu comme le skate, non ?

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