Test | Mouse : P.I. For Hire
26 avr. 2026

La souris enragée qui cartoone

Testé par sur
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MOUSE
  • Éditeur Playside
  • Développeur Fumi Games
  • Sortie initiale 16 avr. 2026
  • Genre First Person Shooter

Quand L.A. Noire rencontre Steamboat Willie sous opium, ça donne l'explosif Mouse : P.I. For Hire. Mais au-delà du style Rubber Hose imbibé de gin et de corruption, le titre de Fumi Games va-t-il nous rendre accro ou Dingo ?

L'histoire

Vous incarnez John Mouston, détective privé dans une ville rongée par la corruption et le crime. Contrat banal, conséquences fatales : vous remontez la piste d'une corruption systémique mêlant politiciens véreux, cultes obscurs et gangs locaux. Le tout avec votre sens de la répartie, commentant d'une voix grave et désabusée vos actions cinglantes.


Cette histoire, MOUSE: P.I. For Hire vous la dévoile progressivement. Vous démarrez par une mission de prise en main : jeté dans le bain, vous n'avez d'autre choix que d'utiliser vos poings gantés pour vous sortir du piège à rat dans lequel vous vous êtes fourré. Une fois au quartier général, le jeu s'ouvre sur quelques rues vivantes où l'on prend enfin le temps d'échanger quelques mots avec les souris du coin. Enfin, vous embarquez dans votre voiture, pour, sur une carte, découvrir l'étendue du territoire à explorer. MOUSE: P.I. For Hire en a sous le capot !
Un gruyère dont vous rebouchez les trous

Le principe

L'animation de rechargement du fusil à pompe est à croquer !

Attendu au tournant, MOUSE: P.I. For Hire se présente comme un boomer shooter nerveux, genre particulièrement en vogue chez nous autres darons barbus. Et pourtant, le titre tire parfois vers l'enquête policière à la Chicken Police (que l'on vous recommande fortement), ou encore L.A. Noire pour situer globalement. Un mix audacieux entre d'un côté séquences de tir effrénées, où les coups de pieds à la Duke Nukem 3D viennent sonner des ennemis inspirés de Mortimer Mouse, l'ennemi de Mickey en 1936 et voués à être trucidés d'une flanquée de balles... et de l'autre une enquête pleine de personnages, aux dialogues parfois décousus, avec toute une carte de lieux à explorer et un tableau d'indice à remplir.


Ces deux genres aux temporalités diamétralement opposées se catapultent dans des niveaux certes linéaires mais au rythme en dent de scie. Les scènes d'action sont fun, bourrées de détails et d'animation, mais aussi brèves qu'intenses. Les scènes d'enquête, en contre-point, finissent par vous faire sauter involontairement les dialogues. Mais alors bonjour pour recoller les morceaux. Fort heureusement, le jeu vous prend par la main gantée : lieux à visiter, personnes à interroger, tout est indiqué. Même le fameux tableau d'enquête se remplit tout seul. Comme si les concepteurs s'excusaient de livrer un "boomer shooter de Mickey avec des flingues", et avaient voulu justifier d'un peu de fond à l'histoire de notre enquêteur blasé.
Ce brigand va se faire Mickey

L'ambiance

Les ennemis aussi veulent vous sonner à coups de pieds !

L'opportunité du passage dans le domaine public du premier dessin animé de Mickey Mouse en 1928, Steamboat Willie, a été une occasion en or pour s'approprier ces codes jusque là verrouillés par la multi-nationale Disney. Placer des flingues dans les gants de la plus célèbre des souris ? Et la faire déambuler dans une ville crasseuse, où la corruption et le jazz sont rois ? MOUSE: P.I. For Hire n'y va pas avec le dos de la cuillère. Le style Rubber Hose — déjà exploré dans Cuphead — est ici parfaitement retranscrit. Les fleurs qui gigotent en chœur, les personnages aux genoux à ressorts, les expressions faciales exagérées et en léger décalage... tout est parfait. Le tout dans un univers faussement kids-friendly, bourré de détails plus adultes.


Le titre regorge de clins d'œil dans les décors, poussant à chercher les références dans les moindres détails. Vous ne pouvez pas manquer l'entrée dans le commissariat et la banderole tirée de Resident Evil 2. Ou encore la transformation en Popeye enragé après avoir englouti une boîte d'épinards. La bande-son est également un régal : des titres jazzy que l'on imagine très bien tourner sur de vieux tourne-disques, qui soutiennent délicieusement l'action à l'écran. Et pour parfaire le tout, une sélection fine des réglages visuels vous permet d'ajuster les imperfections pour donner l'impression d'un vieux film projeté dans un cinéma populaire. Il n'y a pas à dire, Fumi Games maîtrise son univers !
Ce soir, c'est soirée Mouse !

Pour qui ?

Le clin d'œil à Resident Evil 2, c'est oui !

S'il fallait retenir un genre, MOUSE: P.I. For Hire est clairement un boomer shooter assumé. Au moins, vous savez à quoi vous attendre. Il puise dans les codes du genre et l'assume : ennemis un peu benêts, avalanches de combats en cascade dans des zones propices à faire un carnage, boss qui marquent la fin d'un niveau... Même si les armes sont nombreuses, vous vous arrêterez sur quelques favorites – le lanceur d'acide est particulièrement jouissif. Vous n'êtes pas contraint de suivre attentivement l'enquête, qui participe tout de même grandement à créer le liant nécessaire entre les nombreux lieux explorés. Là où MOUSE: P.I. For Hire tire son épingle du jeu, c'est dans son approche visuelle calquée sur le Mickey Mouse des années 1930. Fumi Games a réalisé un remarquable travail pour vous propulser dans un dessin-animé de l'époque.
Ça a changé, Disneyland

L'anecdote

Les balles fusent !

Je ne sais pas vous, mais pour ma part j'adore me balader dans un jeu et observer ce qui donne cette impression de liberté. Ici, c'est dans le quartier du bureau de notre enquêteur que je l'ai ressentie. Je pose mon regard sur des détails, comme les cartouches et les yeux qui me suivent, ou encore les affiches collées sur les murs... Et puis les personnages dans la rue (j'ai lâché un "Oh" de surprise en voyant une Mme Pat Hibulaire), dans le bar, dans des bâtiments, qui vous répondent et vous observent. Ce ne sont que trois rues, mais j'y ai vu un contraste avec les niveaux très linéaires que l'on trouve par ailleurs. Mais cette impression de liberté est aussi parfois frustrante. Combien de fois ai-je été arrêté net dans mon exploration ? J'avance tranquillement, je vois une pièce devant moi, et PAF ! mon personnage s'arrête net. Que se passe-t-il ? La manette ne répond plus ? Non, juste un des innombrables murs invisibles qui jonchent le jeu. Et ça, ça met un coup à mon sentiment de liberté...
La Daisy-llusion
Les Plus
  • L'univers visuel et sonore incroyable
  • La tonne de références
  • Les détails dans les animations
  • La nervosité des combats
Les Moins
  • L'enquête pas si indispensable
  • Les murs invisibles, argh !
  • Pas de rejouabilité des niveaux
Résultat

Impossible de résister à l'ambiance ultra maîtrisée de Mouse : P.I. For Hire. Une plongée dans les années 1930 comme vous en verrez rarement, et plus précisément dans un Disneyland adulte, sombre et violent. Ça castagne fort, au milieu d'une avalanche de références et de clins d'œil. Avec une aventure solide et malgré une potentielle redondance des combats, le titre vous embarque dans son monde déjanté, jouant habilement avec les codes de notre jeunesse.

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